Stress au travail

Rappel

Stress au travail : savoir le définir

Hypertension artérielle dûe au stress professionnel

Stress au travail et maladies cardiaques

 

Rappel

Dans une situation stressante intense et prolongée, la sécrétion d'hormones activatrices (catécholamines et glucocorticoïdes) est déréglée. La personne, submergée par ces hormones, active de façon trop importante différents systèmes de l'organisme ; cette hyper-activation entraîne en quelques semaines l'apparition de symptômes divers :

  Symptômes physiques
Douleurs (abdominales, musculaires, articulaires, maux de tête, etc.), troubles du sommeil, de l'appétit et de la digestion, sensations d'essoufflement ou d'oppression, sueurs inhabituelles, etc.
  Symptômes émotionnels
Sensibilité et nervosité accrues, larmes faciles, nerfs "à fleur de peau", angoisses, excitation, tristesse, sensation de mal-être, etc.
  Symptômes intellectuels
Perturbation de la concentration entraînant des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des décisions, etc.
  Symptômes comportementaux
Modification des conduites alimentaires, comportements violents et agressifs, isolement social (repli sur soi, difficultés à coopérer), etc.


Ces symptômes ont des répercussions gênantes et amènent certaines personnes à recourir à des produits calmants ou excitants (café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques, etc.)

Si la situation stressante se prolonge dans le temps et/ou si elle est très intense, l'organisme s'épuise. Les différents symptômes s'aggravent entraînant des altérations de la santé qui peuvent être très sérieux.

L'état de stress devenant permanent peut se traduire par un "syndrome métabolique", qui associe différents symptômes tels que l'obésité abdominale, la résistance à l'insuline (pouvant évoluer vers un diabète), l'hypertension artérielle, des perturbations du métabolisme des lipides. Ce syndrome métabolique est un facteurs de risque pour le système cardiovasculaire.

(extrait dossier stress au travail, INRS)

 

 

 

 

Stress au travail : savoir le dEfinir

Le sujet touche aux relations entre le système nerveux central, le système cardiovasculaire et la médecine du travail, voire plus généralement la vie dans notre société contemporaine.


«Stress» ? Présent depuis le XVIIe siècle dans la littérature anglaise (où il tend à désigner les états de détresse générés par l’adversité ou la dureté de la vie), le mot est devenu médical dans les années 1930.
Aux limites entre le corps et le psychisme, le stress génére de nombreuses confusions mais il est clair aujourd'hui qu'il occupe une place centrale dans la genèse ou le développement de nombreuses affections.

Le stress au travail est engendré par l'association de demandes psychologiques élevées et d'une latitude décisionnelle faible.

Les demandes psychologiques reflètent la quantité de travail, les contraintes de temps et le niveau d'effort intellectuel. La latitude décisionnelle englobe les opportunités d'apprentissage, l'autonomie et la participation aux décisions.

Les interventions visant à réduire le stress au travail ont un impact positif sur la tension artérielle; elles participent à prévenir les troubles cardiovasculaires. Réduire de deux unités la pression systolique fait chuter les risques de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral de respectivement 7 % et 10 %, selon des résultats de recherche.

 


 

 

 

Hypertension artErielle due au stress professionnel

La mesure ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures montre que près des deux tiers de la population active présentent des valeurs de pression artérielle augmentées au travail. En raison des conséquences délétères de cette pathologie, un traitement antihypertenseur doit être instauré. Une récente étude prospective, multicentrique (STARLET*) a étudié les hypertendus parmi la popultation active allemande. Les participants étaient 3448 individus âgés en moyenne de 44 ans et travaillant dans différents domaines d'activité. Des mesures ambulatoires de la pression artérielle sur 24 heures ont été réalisées sur une durée allant jusqu'à 5 ans. Au début de l'étude, 64% des participants avaient une pression moyenne diurne augmentée (>= 135 et/ou >= 85 mmHg) ou prenaient déjà des antihypertenseurs. Seulement 7,5% des hypertendus sous traitement présentaient des valeurs de pression normales. Les personnes hypertendues vivaient un stress professionnel beaucoup plus grand que les sujets normotendus du groupe contrôle. Par rapport aux personnes ne se plaignant pas de stress professionnel, les individus qui s'estimaient soumis à un fort stress présentaient non seulement une pression artérielle augmentée mais étaient aussi plus souvent victimes d'événements cardiovascualires ou cérébrovasculaires.

*Stressassoziierte  Hypertonie am Arbeitsplatz-ABDM-Langzeituntersuchung; Luders S et al. Dtsche Med Wochenschr 2006;131:2580-2585.

Ces résultats sont à rapprochés de ceux d'une étude de l’Université Laval au Québec.

Chez les travailleurs soumis au stress une augmentation de la pression sanguine systolique en moyenne de 1,8 mm/Hg chez les hommes et de 0,5 mm/Hg chez les femmes a été enregistrée. Le stress d'origine professionnelle aurait donc un effet d’une ampleur comparable à la sédentarité ou au vieillissement.

Effects of job strain on blood pressure: a prospective study of male and female white-collar workers, Am J Public Health, 2006 Aug;96(8):1436-43.

 

 

 

Stress au travail et maladies cardiaques


Selon une récente étude britannique (European Heart Journal), les affections cardiaques et le stress au travail ont un lien direct de causalité. Cette étude a porté sur 10 308 fonctionnaires londoniens, âgés de 35 à 55 ans, suivis 12 ans.

Cette étude visait à répondre à trois questions : l’accumulation de stress au travail est-elle associée à un risque accru d’accidents cardiovasculaires et de facteurs de risque de ces accidents ? Cette accumulation est-elle plus élevée chez les personnes qui sont en âge de travailler ? Les liens entre stress au travail et accidents cardiovasculaires impliquent-ils soit directement des mécanismes neuroendocriniens soit, indirectement, des facteurs de risque connus pour ces accidents, soit les deux ?
«Au terme d’un suivi de douze ans, nous avons établi qu’un stress chronique au travail est associé à une pathologie cardiovasculaire et que cette association est plus élevée chez les femmes et chez les hommes âgés de moins de 50 ans. Chez eux, ce risque est en moyenne de 68% plus élevé que chez ceux qui ne font pas état de stress professionnel» résument les auteurs du travail.

Ils estiment avoir mis en lumière le fait que le système nerveux autonome est directement impliqué dans la physiopathologie cardiovasculaire. Ce système nerveux autonome contrôle les fonctions respiratoire, digestive et cardiovasculaire, agissant notamment sur la vasomotricité, les sécrétions viscérales, les glandes exocrines et endocrines. Il joue de ce fait un rôle central dans les réponses neuroendocriniennes au stress.
L’étude montre notamment que les personnes soumises de manière chronique à des stress importants montrent des perturbations de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien avec des taux matinaux anormalement élevés de cortisol. Ces phénomènes sont indépendants des facteurs comportementaux ce qui plaide en faveur d’un lien direct de causalité plutôt qu’en faveur d’un lien indirect via des comportements par ailleurs connus pour être à risque. Ceci ne signifie bien évidemment pas que ces comportements (tabagisme, alcoolisme, sédentarité en ajoutant le syndrome métabolique), par ailleurs fréquemment retrouvés chez les personnes chroniquement stressées, ne jouent pas un rôle mais les analyses statistiques de ce travail concluent qu’ils ne joueraient, au total, que pour un tiers dans la genèse des manifestations pathologiques cardiaques.


L’heure est sans doute venu d’organiser ici la prévention. Il a été prouvé à maintes reprises que le stress et les surcharges psychiques peuvent mettre le cœur à mal. Une grande étude britannico-finlandaise s’est penchée sur un nouvel élément de la relation cœur-environnement : chicanes et préjudices augmentent directement, de façon mesurable, le risque de maladie cardiovasculaire. On a relevé chez les participants à l’étude qui se plaignaient d’être traités de manière particulièrement inconvenante une plus grande susceptibilité aux affections cardiaques que leurs collègues qui se déclaraient heureux de leur environnement de travail.» Conclusion : recommander aux personnes concernées de parler de leur problème.
«"En parler, au lieu d’encaisser !" a aussi une double signification, explique-t-on. En effet, beaucoup de personnes ont tendance à compenser un stress psychique par une alimentation ou une absorption d’alcool démesurée. Mais cette consommation malsaine – tout comme le fait de fumer – augmente elle aussi le risque de maladie et n’apporte aucune solution au conflit.»

1 - Work stress and coronary heart disease : What are the mechanisms ? European Heart Journal, doi:10.1093/eurheartj/ehm584.  Consulter l'étude (EN)
2 - De Vogli R, Ferrie JE, Chandola T, Kivimäki M, Marmot MG. Unfairness and health : Evidence from the Whitehall II Study. J Epidemiol Community Health 2007;61:513-518; doi:10.1136/jech. 2006.052563.

Recommandations de Dr MBO: Face au stress, il faut se battre, avec l'aide d'un professionnel, pour trouver rapidement des issues, un plan B ou C. La relaxation et/ou la détente sont favorables quand tout va plutôt bien. Quand on est vraiment dans la souffrance, essayer de se relaxer ne sert pas à grand chose ! Il faut prendre les choses en main et se faire aider, le plus vite possible.